Aujourd’hui, nous allons parler d’un sujet que vous aimez bien : le fric, l’argent, le lbinga, le l7ebba, Omar ou l3a9a. On va aussi parler de classes sociales, pas sous l’angle sociologique mais plutôt financier.

Définissons déjà les classes ; on s’affranchira du classique 30% populaires, 50% moyennes et 20% aisées en tranches de revenus pour parler plutôt des capacités de consommation, à mon sens plus pertinent. En s’appuyant sur les ressources (les revenus, le cash disponible, la CB de papa ou papa sucre, et les patrimoines liquides), on peut distinguer les classes suivantes selon l’accès aux besoins vitaux nécessaires à un individu en société : alimentation, santé, logement, éducation, transport, télécommunications (les fibres, c’est important pour le transit de l’information)… Bien évidemment, ces besoins ne sont pas exactement les mêmes pour chaque groupe d’individus et peuvent évoluer suivant les revenus (tout en étant toujours perçus comme besoins de base : khoubz w atay vs tajine bel7em, école publique vs bonne école privée). Quoiqu’il en soit, on peut définir la classe moyenne comme étant les ménages ou individus dont les ressources couvrent la totalité des besoins mais qu’il n’en reste plus que 0-10% (voire 20%, si on veut être permissif) pour les mobilisations “complémentaires”, à savoir : la “kiffance” (envies) mais aussi les économies, les investissements, la charité.
En somme, si R sont les ressources et B(R) les besoins vitaux, qui est une fonction à tronche plutôt logarithmique (les besoins croissent avec les ressources, mais moins vite et leur croissance tend à ralentir), les classes sociales sont définies comme tel :
- la classe populaire : R <= B(R)
- la classe moyenne : 0,8 x R <= B(R) < R
- la classe aisée : 0,2 x R <= B(R) < 0,8 x R
- les ultra-riches : B(R) < 0,2 x R
In fine, ce Revenu (R) est utilisé en Dépenses en Besoins Vitaux (DB) et en mobilisations complémentaires (C = Envies & kiffance + économies + investissements + charité). Donc, R = DB + C. Dans un monde idéal, pour des individus et ménages vivant dignement, DB = B(R). Par ailleurs, la composante C a beaucoup d’importance et se divise en plusieurs segments : les économies et les investissements permettent d’assurer ses arrières à long terme voire s’élever en classe sociale, la charité permet de faire grandir son âme, et les envies, bah les envies ça permet de s’offrir un shot d’héroïne émotionnelle pour un petit plaisir instantané. Dans un monde idéal, le C est équiréparti entre ses différentes composantes, et donc, les envies (E) sont telles que E / C ~= 0,25.
C’est là où je vous dis qu’il y a une opportunité business incroyable : les envies ne sont jamais assouvies à long terme, et elles peuvent pomper dans toutes les autres catégories de dépenses facilement avec les bons outils. Parlons donc approche et plan d’action, soyons efficaces.
Plan Marketing : “Follow Your Dreams”
Introduction :
Dans un monde où le champ des possibles ne cesse de s’étendre, où les rêves sont aujourd’hui à portée de main, le luxe n’est plus seulement désirable, mais aujourd’hui une nécessité incontestable. Cette époque est particulièrement marquée par une croissance exponentielle du nombre d’ultra-riches, notre cœur de marché, pour qui les besoins primaires semblent une notion presque abstraite au regard de leurs immenses fortunes. Le luxe se fond souvent dans le décor de leur quotidien, devenant plus qu’un simple désir – un véritable besoin. Paradoxalement, ils sont de plus en plus nombreux à opter pour une vie déviante de simplicité, où des Apple Watchs ont remplacé des Patek Philippe et des cols roulés Waikiki ont remplacé l’intemporelle griffe LV en pattern de pull et la fourrure de vison. Face à cette menace, notre vision est de redéfinir les normes sociales, en faisant du luxe extravagant une nécessité quotidienne pour tous, et non seulement une infime partie de la société, parce que, vraiment, qu’est-ce que le bonheur sinon une étiquette de prix ?
Répondons donc aux besoins de chaque segment de la société :
Segment 1: Les Rêveurs ou Transociétaux (Pauvres qui s’identifient comme Riches)
- Cœur de cible : Classes populaires et moyennes
- Stratégie : Dans un monde marqué par l’image, convaincre les masses que le statut social ne s’acquiert pas par des efforts mal placés dans le travail ou des valeurs mais par l’apparence. Avoir l’air riche, c’est un accomplissement en soi, car qui oserait te regarder de haut si t’as un iPhone 15 Pro Max ?
- Objectif : Maximiser le E au dépens du DB et des autres composantes du C. Ainsi, assurer un DB < B(R) et un pour garder un sentiment de manque et un E/C >> 0,25 limitant les mobilisations de ressources assurant un avenir plus radieux. Une pauvreté pérenne = un besoin de compensation pérenne.
Segment 2: Les Puristes ou Élitistes
- Cœur de cible : Classes moyennes ou aisées
- Stratégie : Pour une population qui ne subit pas ou plus de pression sur l’assouvissement des besoins de base, convaincre la clientèle que face au choix, le prix et le branding sont gages de qualité et que le produit haut de gamme est un indispensable. Ainsi, il faut élever Starbucks comme seul café potable, le restaurant de luxe comme seule option pour dîner dehors, l’allemande comme seul véhicule acceptable, la mission comme seul gage de réussite scolaire du gamin… et j’en passe. Dévier de ce standard devrait faire objet de stigmatisation sociale sous prétexte de folie ou d’avarice extrême.
- Objectif : Maximiser le B(R) et donc le DB en y confondant une partie du E. En injectant une partie du E dans le B(R), le E est artificiellement allégé et peut donc être exploité par ailleurs ; voir Segment 3.
Segment 3: Les Comblés ou Satisfaits Insatisfaits
- Cœur de cible : Classes aisées, ayant déjà comblé leurs besoins.
- Stratégie : L’assouvissement des besoins de base laisse place à d’autres besoins, en particulier le besoin d’accomplissement et d’appartenance. Grâce à la stratégie de génie qu’a été l’élimination du poids de la famille et de la communauté, l’individu est glorifié au sein d’un groupe social… à condition qu’il suive les mœurs en cédant au catalogue d’Envies qu’impose ledit groupe (évènements à la mode, fringues à la mode, resort à la mode, #instagramlife). Le cas contraire, l’individu sera isolé et devra combler son manque émotionnel par… la satisfaction d’Envies (Eurêka !).
- Stratégie : Maximiser le E à l’extrême, idéalement E = C ou autrement dit E = mC2 (avec m = 0,5. En fait, ça ne sert à rien mais j’ai eu Envie de l’écrire comme ça, voilà, chacun fait ce qu’il veut bordel).
Conclusion, revenons au sérieux :
Comme le disait un personnage du film “The Son”, “Never break the first rule of sales: never underestimate how stupid people are”. Le capital a pour mission de maximiser le profit, c’est fair. Le profit est maximal dans les produits superflus voire les produits de luxe, le capital cherche donc à le faire ériger comme indispensable, toujours fair. Ces techniques marketing ont pour principal fuel notre stupidité, encore très très fair. Mais quand on sait tout ça, je me sens débile de tomber plein dans un piège aussi évident, pas vous ? L’argent est quand même durement gagné, c’est quand même vachement con de poser l’équivalent d’une journée de travail dans un dîner alors que le delta entre son coût et celui d’un bon resto normal (qui n’a de plus normal que les prix et l’éclairage d’ambiance, non tamisé façon luxure) peut être game changer pour la vie d’une personne dans le besoin, non ? C’est bien de se faire plaisir, mais faites le calcul, si on frôle les 20%, 30% voire plus, de nos revenus dans la kiffance, c’est quand même très très con.
Préférez-vous être maîtres de vos besoins ou esclaves de vos envies ?
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