Salade Quinoa et histoires d’IVG

Un des sujets qui sont ressortis lors d’un débat suite à mon dernier post sur le Bad Guy est l’exemple du droit à l’avortement :

  • la première personne qui m’a sorti cet exemple (au téléphone) était pro-choice absolue (#mybodymychoice) et me reprochait le fait que mon post supposait en filigrane une position anti-avortement car l’égalité devrait s’appliquer également à l’embryon
  • une autre personne, d’opinion opposée, commenta avec la même conclusion, comme quoi l’embryon ayant les mêmes droits, l’avortement serait un mal pur

En fait, il y avait bien une incomplétude à la règle ; J’ai parlé d’égalité appliquée aux humains en particulier, même si j’ai dû citer des cas d’injustices appliquées à des simili-humains (extraterrestres dans des fictions). Devrait-on limiter la réflexion aux humains ? Peut-être faudrait-il élargir à tous êtres dotés de conscience ? Et qui peut juger que telle ou telle espèce vivante est dotée ou pas de conscience ? Et à partir de quel moment à quel moment un être est doté de cette conscience ? Depuis la fécondation de l’ovule dont il est issu ? Depuis son accouchement et pas 5 secondes avant ?

Dans tous les cas, l’aspect éthique ou pas dépendra des convictions collectives du groupe social concerné. Il serait impossible d’aligner tout le monde sur des principes purement culturels (exemple de la vache sacrée dans l’hindouisme).
Les réponses à ces questions, ne pouvant pas à ce jour être déterminées précisément et objectivement, avec l’accord de tous, les seules réponses existantes sont culturelles, idéologiques voire émotionnelles. Difficile de justifier à une personne qui est convaincue qu’un embryon de 3 jours est vivant et conscient de la légitimité d’avorter, il y verra simplement un meurtre abject, de la même façons que d’autres seraient horrifiés par un avortement sur un bébé 5 secondes après les contractions de sa maman.

Petite parenthèse, mon avis personnel, même s’il ne devrait avoir aucune incidence sur cette réflexion, n’est pas tranché. Je n’ai pas vraiment idée pour être sincère de ce qui est éthique ou pas dans le cas de l’avortement. Si je me réfère à mes convictions métaphysiques, ma religion parle parfois de 120 jours avant que l’âme ne soit insufflée. Mon savoir limité sur le sujet me permet de croire que ça peut être ça la limite max, mais je ne suis pas certain qu’à 119 jours, il toujours éthique de le faire.

Intéressé de connaître des avis sur le sujet, j’ai lu aujourd’hui [27 juin] un texte d’un jeune homme qui promouvait l’avortement. Il parlait de son expérience personnelle, en tant qu’orphelin adopté, du fait qu’il avait souffert du fait qu’on se moquait de sa filiation “douteuse”, qu’au final, sa mère aurait probablement mieux fait d’avoir avorté. En gros, si la machine à remonter le temps était disponible sur le marché, un pro-choice aurait été voir la maman de ce garçon avec une pilule miracle qui l’aurait libérée de cette grossesse en quelques minutes.
L’existence de ce jeune Ayyur aurait du coup été effacée net. L’existence d’un jeune homme dont j’ai apprécié le style d’écriture, son côté artistique et qui a sûrement beaucoup de profondeur.
Finalement, ce témoignage m’a laissé un arrière-goût bizarre, à l’inverse de ce qu’il est supposé promouvoir comme position.

On nous a toujours présenté l’avortement comme ce steak frais, emballé sous cellophane, clean. Soudain, ce garçon a collé dessus un album photo des belles années du veau, de la ferme où il a grandi, des veaux et vaches qu’il a coyotes, un petit résumé de son histoire et de ses émotions, une photo de son paysage préféré.
Soudain, mon envie de steak à point sauce poivre s’est envolée. Je me rabats sur une salade quinoa pour le moment, demain on verra si j’ai rechangé d’avis.

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