Au Royaume enchanté du Maroc se superposent 3 pays distincts qui s’effleurent souvent mais ne se touchent quasiment jamais. Le Pays A (Principauté de St-Maroc-en-Laye), le Pays B (المملكة الضريبية المغربية المتوسطة) et le Pays C (Territoires non-administrés Marokinabés).
Pays A – La Principauté de St-Maroc-en-Laye :
𝐄𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐞𝐭 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 : 3% de la population, dont le top 1% détient 50% des richesses du pays et dont le reste détient 20%. Ils génèrent / captent 30% du PIB national ce qui les place au niveau d’un pays européen tel que l’Italie en termes de PIB par habitant. Mais en réalité, vu les taux d’imposition moyens et en ajustant la richesse au coût de la vie, la comparaison à Monaco est plus pertinente. Le Pays A engage beaucoup d’IDEs dans le pays B et vit surtout de ses retours sur investissements. La population non engagée dans la gestion d’actifs est occupée dans les postes de management, les professions libérales et Instagram.
𝐂𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐞𝐭 é𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 : Ça tombe bien que l’on parle d’Europe, car la population du Pays A se sent souvent bien plus européenne que marocaine, et d’ailleurs, la langue officielle du pays est le Français (anglais LV2, darija LV3). Car face à la défaillance du système éducatif local, beaucoup de ces parents qui en ont les moyens ont naturellement opté pour les lycées et écoles étrangères au pays. Conséquence, nombreux sont les enfants de cette population qui croient que leur aïeul s’appelait lHaj Vercingétorix.
𝐑𝐞𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐢𝐩𝐥𝐨𝐦𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 : Le Pays A est assimilé espace Schengen mais a une frontière fine avec le Pays B. L’existence du Pays C est par contre rarement connue des gens. Ainsi, vu que la gestion des 3 pays est souvent déléguée aux pontes du Pays A, les politiques publiques sont souvent pensées au mieux pour les Pays A et B, quasiment jamais pour le Pays C.
L’idée même de l’existence de cette contrée mythologique (pays C) est une menace pour la stabilité psychologique de la population. Aliénés et harcelés par l’idée de la proximité génétique avec les rares Marokinabés rencontrés, la différence linguistique (principal dénominateur commun d’un groupe social) est une bénédiction pour la plupart. Néanmoins, non convaincus pas l’adage “le Maroc mais c’est pas la même chose” et face au risque de l’assimilation à “l’autre” (llah yster), beaucoup d’enfants de St-Maroc préfèrent rester définitivement à l’étranger. Malheureusement, cette diaspora n’apporte que rarement de la richesse, au contraire, en restant à l’étranger, le pays est privé de leur compétence (et ce que ça lui a coûté) et le cash de leurs parents les suit, en masse !
Pays B – المملكة الضريبية المغربية المتوسطة :
𝐄𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐞𝐭 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 : Le pays B, comme son nom l’indique, est le principal générateur de PIB dans la confédération des Etats Marocains. Il rassemble 25% de la population, un revenu par ménages entre 10k et 30k dhs par mois. Ils produisent 50% du PIB ce qui équivaut à un PIB/hab niveau Serbie d’aujourd’hui (mais avec un régime fiscal comparable à celui de la Yougoslavie Soviétique). Certaines langues de vipères les traiteront de principaux idiots de service du Royaume enchanté, ils remplissent en effet les caisses de l’Etat de leurs impôts mais n’en tirent rien de plus que des caméras cachées sur 2M en Ramadan dont un seul épisode est plutôt drôle.
𝐂𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐞𝐭 é𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 : Conscients du sobriquet dont ils sont affublés, ils ont tous (TOUS) inscrit leurs enfants dans des écoles privées avec l’espoir en coin de leur permettre d’émigrer vers un pays espace Schengen (Pays A ou Europe) la tête haute, diplôme en main. Le Pays B est par ailleurs très teinté par le rayonnement culturel du Pays A, poussant beaucoup d’habitants à investir dans une voiture allemande et un appartement bien placé.
La population daribienne a un train de vie relativement digne (accès à l’éducation, une couverture santé, le logement, la nourriture et même les voyages). Mais, écrasée par un coût d’enseignement privé équivalent à un rein annuel ainsi que des crédits immo-conso, elle est dans l’incapacité de faire des économies et est extrêmement dépendante de son emploi actuel (le même depuis 15 ans). La menace d’une expatriation au Marokina fait du daribi [ne pas confondre avec le darbiste, NDLR] un excellent employé, docile, productif et discipliné.
𝐑𝐞𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐢𝐩𝐥𝐨𝐦𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 : Comme évoqué ci-haut, la frontière avec le Marokina présente la principale menace pour la sécurité des habitants du Pays B. La population vit dans la psychose (exagérée) d’une attaque armée des milices marokinabées et dans la crainte (sous-dimensionnée) d’une expatriation. Les espoirs sont donc concentrés sur l’immigration.
L’option du Pays A présente l’avantage de maintenir une proximité avec la famille et les proches. Cependant, les conditions drastiques et souvent inatteignables découragent une grande partie des daribis qui préfèrent la solution plus simple de l’immigration en Europe. En effet, le dossier du visa exige des fonds matériels profonds ainsi que la maîtrise de l’accent du 16ème. Il est également exigé de présenter au moins une des conditions suivantes : un nom de famille marque déposée, un diplôme français, britannique ou américain rang A+ ou alors un combo Merco-Roro au poignet (avec certificat d’authenticité certifié légalisé).
Pays C – Territoires non-administrés Marokinabés :
𝐄𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐞𝐭 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 : Les Marokinabés sont contents, satisfaits de la Baraka divine et, bien évidemment, ne meurent jamais de faim. Pourquoi donc aller exposer des chiffres tels qu’un PIB par habitant à 816 USD (égal à celui du Bénin) si ce n’est pour occulter malhonnêtement les ambitions majeures de la confédération marocaine, ses projets d’infrastructures, son TGV et sa stabilité mythique qui évite un scénario à la Syrienne ? La rédaction vous prie de passer votre chemin vers le chapitre suivant.
𝐂𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐞𝐭 é𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 : L’élite bourgeoise marokinabée (plus de 4000 dhs par mois par ménage) est pleinement consciente de l’enjeu éducatif comme unique option pour échapper à l’impasse socio-économique et n’hésite pas à titiller l’adage “Personne ne meurt de faim au Maroc” pour payer une école primaire privée. Le reste de la population jouit d’un accès gratuit à l’enseignement public en classes multiniveaux ainsi qu’à l’enseignement pratique et bénévole pourvu par les Experts wlad dderb. Grâce aux enseignements acquis à travers ces derniers, nombreux jeunes marokinabés comptent sur une percée en football derby casablancais, en rap ou en industrie pharma (principe actif du THC sous différentes présentations) pour l’ascension sociale.
𝐑𝐞𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐢𝐩𝐥𝐨𝐦𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 : Le Marokina n’a de représentations diplomatiques que dans le Pays B (un flux migratoire ascendant et descendant est régulé entre les deux états) et certains pays du Golfe (qui encouragent la migration des c…, euh, des cerveaux). Cela n’empêche pas une grande partie de sa population de voyager, que ce soit à travers des patérate, des psychotropes ou des rêves de paradis après la vie.
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